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Les sources sur les gentilshommes bretons

Château de Bruc, en Guéméné-Penfao, berceau de la famille du même nom (XV-XVIIe siècles).
Photo A. de la Pinsonnais (2006).

Haisdurand - Réformation de la noblesse (1669)

Mardi 22 septembre 2009, transcription de Eric Lorant.

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BNF, Nouveau d’Hozier 181, 3940, Haisdurant, fo 2r-3r.

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BNF, Nouveau d’Hozier 181, 3940, Haisdurant, fo 2r-3r, transcrit par Eric Lorant, 2009, en ligne sur Tudchentil.org, consulté le 26 juin 2017,
www.tudchentil.org/spip.php?article696.

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Haisdurand - Réformation de la noblesse (1669)
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Haisdurant
D’argent à trois chevrons de sable.

Du 26 février 1669  [1].

Copie sur une expédition en parchemin délivrée nouvellement.

Extrait des registres de la Chambre établie par le roi pour la réformation de la noblesse du païs et duché de Bretagne.

Entre le procureur general du roi, demandeur, d’une part.

Et François Haysdurand, escuïer, sieur du Fresne, et René Haysdurand, escuïer, sieur du Rochay, deffendeurs, d’autre part.

Veu par la Chambre etablie par le roi pour la reformation de la noblesse du païs et duché de Bretagne, par lettres patentes de sa majesté, du mois de janvier 1668, veriffiées en Parlement le 30 de juin dernier :

Deux extraits de presentations faites au greffe de la Chambre : le premier d’iceux, du 30 8bre audit an 1668, par le procureur dudit sieur du Fresne, lequel auroit suivant l’acte lui donné par René Haysdurand, escuyer, sieur du Rochay, son oncle, lors present en personne, declaré voulloir soustenir la qualité d’escuyer pour ledit Haysdurand et qu’il porte pour armes : d’argent à trois chevrons de sable ; la derniere desdites comparutions, aussi dudit jour 30 8bre audit an 1668, par laquelle ledit escuyer, sieur du Rocheray  [2], declare soustenir la qualité d’escuyer par lui et ses predecesseurs prise et porter memes armes que celles ci-dessus certées.

Les defendeurs prennent leur extraction de noblesse de la maison noble de la Perriere, située en la paroisse de Lendehen, eveché de Dol, laquelle a eté noblement possedée par les Haysdurand et particulierement par nobles escuyers Jehan et Thomas les Haisdurand, ce qui se preuve par la relation de la Chambre des comptes de Bretagne qui contient les archives publiques de la province et par l’extrait tiré il est verifié que lesdits Jehan et Thomas Haysdurand, seigneurs dudit lieu de La Perriere, sont marquez parmi les nobles de ladite paroisse à la reformation du 18 janvier 1444 ; auxdits Jean et Thomas succeda noble ecuyer Geffroy Haysdurand, comme descendu d’eux, qui comparut à la montrée generalle des nobles de la province de l’an 1481 ; du mariage dudit Geffroy Haisdurand, seigneur de La Perriere, avecq damoiselle Marie Gouyon, sa compagne, sortirent noble ecuïer Gilles Haysdurand, leur fils ainé et heritier principal et noble, qui fut seigneur de La Perriere, noble escuïer Charles Haysdurand, sieur du Rochay, puisné, et damoiselle Marye Haysdurand, qui fut mariée avecq le sieur du Carlo ; ledit Gilles etoit heritier principal et noble de Geffroy et frere ainé de Charles ; dudit Gilles, premier du nom, descendit noble escuyer Pierre Haysdurand, seigneur de La Perriere et du Temple, leur  [3] fils aisné et heritier principal et noble ; dudit Pierre Haysdurand, fils aisné de noble escuyer Gilles, premier du nom, frere aisné de Charles, descendirent trois enfans qui lui succederent aprés l’homicide de sa personne, savoir Charles, aisné et heritier principal et noble, qui fut homicidé et mourut sans hoirs de corps, noble damoiselle Françoise Haysdurand, qui deceda sans hoirs de corps, et noble damoiselle Catherine Haysdurand, qui devint heritier[e] principal[e] et noble dudit Charles, son frere ainé, homicidé sans hoirs de corps ; ledit Charles, premier du nom, fils puisné de Geffroy, fut marié avec damoiselle Julienne de Rouille et furent seigneur et dame de Rochay, et de leur mariage descendit nobles escuyer Jan Haysdurand, seigneur dudit lieu du Rochay, du Fresne et de La Ville-Eroux, leur fils unique et heritier principal et noble ; ledit François  [4] Durand [sic] descendu de Gilles, fils aisné de Jullien, Guy [5] et heritier principal et noble etoit de Jan, fils unique de Charles premier, qui fils puisné avoit eté de Geffroy marqués entre les nobles à la Chambre des comptes ; et Guy et René Haysdurand sont descendus en juveignerye du meme Geffroy, pere de Charles premier, qui fut fils  [6] de Jan, et ledit Jan pere de Julien, aisné, et de François, premier puisné, qui est leur pere  [7], ledit escuyer René Haysdurand, fils puisné d’escuyer François Haysdurand, seigneur du Rochay, et de damoiselle Jacquemine Le Bourdais ; le produisant  [8] est frere puisné de Guy et  [9] heritier principal et noble de leur pere ; ledit escuyer Guy Haisdurand, fils aisné et heritier principal et noble de François et de damoiselle Jacquemine Le Bourdais, et  [10] dudit René Haysdurand, produisant, qui prouve plusieurs alliances nobles, la qualité et le gouvernement noble desdits Haysdurand, et outre justiffie que Catherine  [11] Haysdurand, descendue de Gilles, fils Geffroy, etoit parente au tiers degré de leur pere.

Induction d’actes de noble escuyer François Haisdurand, sieur du Fresne, Guy Haisdurand et René Haisdurand, escuyers, sieurs du Rochay, par laquelle ils concluoient à ce qu’ils fussent maintenus et leurs descendants dans la qualité de noblesse ancienne et d’escuyer avec permission de porter armes et escussons timbrez et aux honneurs, droits, privileges, exemptions et immunités attribués aux autres nobles de la province, et, en consequence, ordonner qu’ils seront inserez au catalogue des nobles de la province soubz le ressort de Rennes et de Jugon, sauf à pretendre autres qualitée passez du recouvrement d’aultres titres. Ladite induction, signée : Haisdurand et Luc de Garmeaulx et de Cargrée, procureur, et signifiée au procureur general du roi le 10 de janvier 1669.

Contredit dudit procureur general du roi concluant à ce que, fautte auxdits deffendeurs de lever les difficultez certez auxdits contredits, ils seroient declarés roturiers et pour l’usurpation de la qualité noble condamnés en l’amande de 400 £ et aux deux sols pour livre, signiffié au procureur desdits defendeurs le 4 de fevrier 1669.

Requete dudit René Haisdurand, escuyer, sieur de Rochay, et consorts, concluant à ce qu’il pleust à ladite Chambre voir un second extrait de la Chambre des comptes de Bretagne par lequel à la reformation de 1476 sous la paroisse de Lendehen, diocese de Saint-Brieuc, il est rapporté que Mathelin Quehougant estant demeurant dans la maison de La Perriere appartenante à Geffroy Haisdurand, noble homme, dattée du 12e de fevrier 1669. Au moyen de quoi leurs fins et conclusions leur feussent adjugées. Ladite requete et extrait y attaché montré audit procureur general du roi et mis au sacq par ordonnance de ladite Chambre du 18 dudit mois de febvrier 1669.

Et tout consideré.

La Chambre, faisant droit sur l’instance, a declaré et declare lesdits François et René Haisdurand nobles et issus d’extraction noble, et comme tels leur a permis et à leurs descendants en mariage legitime de prendre la qualité d’escuyer et les a maintenus au droit d’avoir armes et ecussons timbrés appartenants à leur qualité et à jouir de tous droits, franchises, preeminences et privileges attribués aux nobles de cette province, et ordonne que leurs noms seront employez au roolle et cathologue des nobles, savoir ledit François Haisdurand de la jurisdiction royalle de Jugon et ledit René Haisdurand de la senechaussée de Rennes.

Faict en ladite Chambre, à Rennes, le 26 fevrier 1669.

Per duplicata  [12]. (Signé :) Buret  [13].


[1En marge droite : « Vu d’H[ozier] de Sér[igny]. 1790. »

[2« Ainsi en cet endroit de cette expédition. »

[3« Ainsi dans cette expédition. Erreur : c’est son. »

[4« L’un desdits défendeurs. »

[5« Ainsi dans cette expédition. Erreur : c’est qui. »

[6« Ainsi dans cette expédition. Erreur : c’est père. »

[7« C’est-à-dire père desdits Gui et René : ce René est le second desdits deux défendeurs. »

[8« C’est-à-dire l’un desdits produisants ou défendeurs. »

[9« Ainsi dans cette expédition : cet et est de trop. »

[10« Ainsi dans cette expédition où il faudroit lire ici est frère aîné. »

[11« C’est celle dont il est fait mention à la ligne 2 de cette page. »

[12« Délivré nouvellement. »

[13« Vraisemblablement greffier en chef civil du Parlement de Bretagne. »