Tudchentil

Les sources sur les gentilshommes bretons

Tréguier vue depuis les rives du Jaudy, rue du Port.
Photo A. de la Pinsonnais (2009).

Jegou - Réformation de la noblesse (1670)

Mercredi 23 juillet 2014, texte saisi par Jean-Claude Michaud.

Adhérez à Tudchentil !

Notice d'adhésion 2017 à Tudchentil, à remplir et à envoyer avec votre chèque au siège de l'association.

Catégories de l'article

Source

La noblesse de Bretagne devant la Chambre de la Réformation 1668-1671 - Comte de Rosmorduc, 1896, tome II, p. 295-301.

Citer cet article

La noblesse de Bretagne devant la Chambre de la Réformation 1668-1671 - Comte de Rosmorduc, 1896, tome II, p. 295-301, 2014, en ligne sur Tudchentil.org, consulté le 25 avril 2017,
www.tudchentil.org/spip.php?article950.

Télécharger l’article

Jegou - Réformation de la noblesse (1670)
117.7 ko.

Seigneurs de Penanvern, de Kermorval, etc...

PNG - 13.7 ko
Jegou
D’argent à un chevron de sable, surmonté d’un croissant de mesme.

Extraict des registres de la Chambre establie par le Roy pour la refformation de la Noblesse en la province de Bretagne, par lettres patantes de Sa majesté du mois de Janvier 1668, veriffieez en Parlement le 30e Juin ensuivant :

Entre le Procureur General du Roy, demandeur, d’une part.

Et François-de-Paulle Jegou, escuyer, sieur de Penanvern, François, René, Maurice, Louys et Jean Jegou, ses freres puisnes, demeurants en la paroisse de Plougaznou, evesché de Triguier, ressort de Lanmeur, deffandeurs, d’aultre [1].

Veu par ladite Chambre :

La declaration faicte au Greffe d’icelle par ledit sieur de Penanvern, tant pour luy que sesdits freres, de soustenir la qualitté d’escuyer et de noble d’antienne extraction, aux fins des tiltres qu’il produiroict, avecq l’escusson de leurs armes, en datte du 24e May 1669, signé : le Clavier, greffier.

[p. 296] Induction dudit François-de-Paulle Jegou, faisant tant pour luy que sesdits freres, deffandeurs, sur le seing de maistre Jean Davy, leur procureur, fournye au Procureur General du Roy par Boulongne, huissier, le 29e Juin 1669, par laquelle ils soustiennent estre nobles, issus d’antienne extraction noble, et comme tels debvoir estre, eux et leur posteritté nee et à nestre en loyal et legitime mariage, maintenus dans la qualitté d’escuyer et dans tous les droicts, privileges, preminances, exemptions, immunittes, honneurs, prerogatives et advantages atribues aux antiens nobles de cette province et qu’à cest effect leurs noms seront employes au roolle et cathologue des nobles de la jurisdiction royalle de Lanmeur.

Pour establir la justice desquelles conclusions, articulent à faicts de genealogie qu’ils sont issus originairement d’escuyer Jan Jegou, qui espousa damoiselle Ollive de Cleguennec, et de leur mariage eurent Guillaume Jegou, quy espousa damoiselle Stiphane [2] Quetier, dont issut Jan Jegou quy espousa damoiselle Thominne le Gac, et de leur mariage issut autre Jan Jegou, quy espousa damoiselle Janne de la Lande, dont issut François Jegou, qui espousa damoiselle Guillemette Donare, et de leur mariage sont issus lesdits deffandeurs, lesquels se sont tousjours comportes et gouvernes noblement et advantageusement, tant en leurs personnes que partages, ont pris les qualittes de nobles escuyers et seigneurs et porté pour armes : D’argent à un chevron de sable, surmonté d’un croissant de mesme.

Ce que pour justifier :

Sur le degré de François Jegou, pere desdits deffandeurs, sont raportees huict pieces :

La premiere est une requeste presantee aux juges de Sainct-Renan par ledict François Jegou, deffandeur, comme fils aisné, heritier principal et noble de deffunct François Jegou et de damoiselle Guillemette Donnartz, le 14e Juillet 1663.

La seconde est un acte judiciel portant la pourvoyance dudit François Jegou, deffandeur, de ses freres et sœurs, enffans dudit François Jegou, sieur de Kermorval, et Guillemette Donnartz, leur pere et mere, par l’advis et nomination du sieur marquis de Coetlogon, des sieurs de Kercaradec Rogon, de Morizeur de Kerhoent, du Parc Tuomelin, Kermadec Huon et autres parants denommes audict acte de tutelle, en datte du 13e Aoust 1667.

[p. 297] La troiziesme est l’inventaire des biens dudict feu François Jegou, pere desditz deffandeurs, en datte du 24e de Septembre 1667.

La quatriesme est un adjournement signiffié audit François-de-Paulle Jegou, deffandeur, en qualitté de fils aisné, heritier principal et noble de son deffunct pere, en datte du 4e mars 1668.

La cinquiesme est un adveu par ledit François-de-Paulle Jegou, deffandeur, rendu en qualitté de fils aisné, heritier principal et noble de sondit deffunct pere, en datte du 6e May 1668.

La sixiesme est une procure consentie par François et René Jegou, sieur du Boisallain, frere puisné dudict François, deffandeur, de se presanter pour luy à la Chambre et y soustenir la qualitté de noble, en datte du 8e Janvier 1669.

La septiesme est un ordre donné par le sieur marquis de Locmaria, capitaine general garde coste du ban et arriere ban de l’evesché de Triguier, audict sieur de Pennanvern, capitaine de la paroisse de Plougaznou, en datte du 27e mars 1666.

La huictiesme est un autre ordre pour estre observé par les milices du long de la coste de Basse Bretagne, adressé audit sieur de Penanvern, capitaine, en datte du 4e Avril 1666.

Sur le degré de Jan, pere dudit François Jegou, sont raportes huict pieces :

La premiere est un partage noble et advantageux donné par escuyer François Jegou, sieur de Kermorval, fils aisné, heritier principal et noble, à Louys Jegou, sieur de Crochuel, son frere puisné, et damoiselles Fiacre et Janne Jegou, ses freres et sœurs puisnes, dans la succession escheue dudict deffunct Jean Jegou, vivant sieur de Kermorval, conseiller du Roy et lieutenant à Morlaix, et de celle à eschoir de damoiselle Janne de la Lande, leurs pere et mere, qu’ils recognurent nobles et de gouvernement noble, en datte du 4e Febvrier 1633.

La seconde est un contract de mariage d’escuyer François Jegou, deffandeur [3], fils aisné, heritier principal et noble presomptiff desdits Jean Jegou et Jeanne de la Lande, ses pere et mere, avecq damoiselle Guillemette Donnartz, en datte du 3e Septembre 1627.

La troisiesme est un acte de demission faicte par ladite de la Lande, veufve feu escuyer Jean Jegou, sieur de Kermorval, de l’usufruict qu’elle s’estoit retenu de ses [p. 298] biens, en la personne dudit François Jegou, sieur de Kermorval, son fils aisné, herittier principal et noble, à la charge d’une pantion de trois cent livres, en datte du 8e Aoust 1634.

La quatriesme est un minu fourny par ledit François Jegou, sieur de Kermorval, comme fils aisné, herittier principal et noble de ladite de la Lande, en datte du 2e Janvier 1640.

La cinquiesme est un traité faict entre messire Guillaume de Trogoff, sieur de Ponteven, et escuyer François Jegou, sieur de Kermorval, comme herittier principal et noble de Louis Jegou, son frere, en datte du 14e Mars 1648.

La sixiesme est un acte de transaction passé entre ledit François Jegou, comme herittier principal et noble dudict Louys, son frere, et ses sœurs puisnees, touchant la succession dudit feu Louys Jegou, qu’ils recogneurent estre noble et apartenir audit François Jegou, leur frere aisné, en ce quy estoit du tronc et tige commun, en datte du 4e jour d’Octobre 1649.

La septiesme est un adveu rendu par ledit François Jegou au sieur de Goesbriand, des heritages qu’il tenoit de luy, aux droitz et debvoirs seigneuriaux, comme noble doibt à son seigneur lige, en datte du 6e mars 1651.

La huictiesme est un mandement de capitaine de ladite paroisse de Plougaznou, donné par ledit sieur marquis de Lomaria, capitaine de l’arriere ban de l’evesché de Treguier, audict messire François Jegou, sieur de Kermorval, en consideration de sa qualitté et meritte personnelle, en datte du 22e Febvrier 1660.

Sur le degré d’aultre Jean Jegou, pere dudict Jean, sont raportees six pieces :

La premiere est un partage noble et advantageux donné par Yves Jegou, escuyer, sieur de Kermorval, fils aisné, herittier principal et noble d’escuyer Jean Jegou et Thominne le Gac, ses pere et mere, sieur et dame dudit lieu de Kermorval, à Jean Jegou, son frere puisné, dans les successions de leursdits pere et mere, qu’ils recognurent nobles et de gouvernement noble, en datte du 23e Avril 1598.

La seconde est un acte de testament faict par nobles homs Allain de la Lande, sieur de Penanvern, pere de laditte dame Janne de la Lande, en presance de nobles homs François de Coetlogon, sieur de Kerveguen et de Mesjusseaume, mary de damoiselle Marye de la Lande, fille, herittiere presomptisve, principalle et noble dudict sieur de Penanvern, escuyer Jean Jegou, sieur de Kermorval, conseiller du Roy et son [p. 299] lieutenant en la jurisdiction de Morlaix, mary de lad. Janne de la Lande, fille juveigneure dudict sieur de Pananvern, par lequel ledit de la Lande, comme noble, partage sa succession future entre lesdites Marye et Janne de la Lande, mesme celle de damoiselle Anne Guingampt, sa compagne, en datte du 4e Novembre 1596.

La troisiesme est un acte d’accord entre lesdits François de Coetlogon, sieur d’Encremel, et ledit Jean Jegou, sieur de Kermorval, pour le partage des meubles desdits sieur et dame de Penanvern, pere et mere desdits de la Lande, en datte du 2e Octobre 1605.

Les quatre, cinq et sixiesme sont des lettres de provisions dudit office de lieutenant de Morlaix en fabveur dudit escuyer Jean Jegou, avecq la numeration et quittance du marc d’or, en datte des 28e May, 4 et 6e Juin 1588.

Sur le degré de Guillaume, pere dudict Jean, sont raportees trois pieces :

La premiere est un acte passé entre nobles gens Jean de Coetnempren, sieur de Lomogan, garde naturel de Margueritte de Coetnempren, sa fille de son premier mariage avecq feue Margelie Quetier, Marye Quetier, veufve de feu Pierre Perrot, sieur de Tuomelin, et Guillaume Jegou et Thephaine Quettier, sa femme, sieur et dame de Toulbrunot, touchand le partage des successions de deffuncts Thomas Quettier et Catherine le Bras, pere et mere desdites Quetier, en datte du 19e de May 1533.

La seconde est un contract de vante faict par ledit Guillaume Jegou et Thephaine Quettier, sa femme, sieur et dame de Toulbrunot, d’un certain convenant, à terme de remairé, à Guillaume Nedelec, de Morlaix, en datte du 7e May 1547. Ensuilte duquel contract est autre acte au pied, du 24e May, au mesme an, entre ledict Nedellec et Guillaume Jegou, fils aisné, herittier principal et noble de ladite feue Quetier, authorizé dudict Guillaume Jegou, son pere, et son heritier presomptiff, principal et noble.

La troisiesme est une quittance consentie par noble homme maistre Yves le Barbu à noble Jean Jegou, sieur de Toulbrunot, herittier principal et noble de feue Thephaine Quettier, sa mere, en datte du 3e Avril 1568.

Sur le degré de Jean, pere dudict Guillaume Jegou, sont raportees unze pieces :

La premiere est un acte passé entre Louys de Cleguenec et Guillaume Jegou, fils aisné de Jean Jegou et Ollive de Cleguennec, sa compagne, sieur et dame de Toulbrunot, et leur herittier principal et noble, en datte du 17e Avril 1526.

La seconde est un acte de demission faicte par dom Yves de Cleguennec, en presance [p. 300] de ladite Ollive, sa sœur germaine, herittiere presomptifve, principalle et noble, à Guillaume Jegou, sieur de Toulbrunot, fils aisné, herittier principal et noble presomptiff desdits de Cleguennec, en date du 4e May 1534.

La troisiesme est un acte portant mainlevee adjugee audit Guillaume Jegou, comme herittier principal et noble, dans la succession dudit Yves de Cleguennec, en datte du 20e Juillet 1535.

La quatriesme est un acte judiciel rendu sur un adjournement signiffié à escuyer Jean Jegou, fils aisné, herittier principal et noble d’escuyer Guillaume Jegou, quy fils aisné aussy, herittier principal et noble estoit d’escuyer Jean Jegou et de damoiselle Ollive de Cleguennec, ses pere et mere, en datte des 9e et 20e Septembre 1559, 14e Juin et 11e Septembre 1560, touchant le partage noble des successions desdits Jegou, pere et ayeul dudit Jean Jegou.

La cinquiesme est un extrait tiré de la Chambre des Comptes de Bretagne de la refformation des nobles de l’evesché de Cornouaille, en l’an 1535, dans lequel, soubz le raport de la paroisse de Merleac, est marqué la maison noble de Toulbourneuff, apartenant à Guillaume Jegou, gentilhomme.

La sixiesme est un adveu fourny par damoiselle Marie Jegou, propriettaire de ladite terre de Toulbrunot, en datte du 2e Juillet 1648.

La septiesme est le contract de vante de ladite terre, en datte du 26e Novembre 1663.

La huictiesme est un proces verbal des preminances et enffeus desdits Jegou, estant dans la ville de Morlaix et lieux circonvoisins, en datte du 3e Janvier 1669.

La neufviesme est un acte du 19e Aoust 1545, refferant que nobles gens Guillaume Jegou, sieur de Toulbrunot, et damoiselle Ollive de Cleguennec, sa mere, demeuroit en la paroisse de Merleac.

La dixiesme est un adveu fourny par nobles gens Jean Jegou, mary et espoux de damoiselle Ollive de Cleguennec, sa compagne, et dom Yves de Cleguennec, en datte du 25e Octobre 1519.

Requeste presantee en ladite Chambre par ledit François-de-Paulle Jegou, deffandeur, sur le seing dudict Davy, son procureur, luy respondue le jour d’hier, 15e Juillet 1670, mise au sac par ordonnance de ladite Chambre.

[p. 301] Les actes et pieces attachees à ladite requeste.

Et tout ce que par lesdits deffandeurs a esté mis et induit, conclusions du Procureur General du Roy, consideré.

La Chambre, faisant droit sur l’instance, a declaré et declare lesditz François-de-Paulle Jegou, François, René, Maurice, Louys et Jean Jegou, ses freres, nobles, issus d’extraction noble, et comme tels leurs a permis et à leurs dessandans en mariage legitime de prendre la qualitté d’escuyer et les a maintenus au droit d’avoir armes et escussons timbres apartenantz à ladite qualitté et à jouir de tous droitz, franchises, privileges et preminances atribues aux nobles de cette province et ordonne que leurs noms seront employez au roolle et cathologue desdits nobles de la jurisdiction royalle de Lanmeur.

Faict en ladite Chambre, à Rennes, le 16e jour de Juillet 1670.

Signé : J. Le Clavier.

(Grosse originale. — Archives du château du Gorréquer, en Lannilis.)


[1M. le Jacobin, rapporteur.

[2Elle est nommée Thephaine dans les actes mentionnés plus loin.

[3Il faut lire père du défendeur.